Réaction de la Takagi Corp aux récents évenements sur Solitude

novembre 28th, 2008

L’amiral Shinji Takagi, dirigeant de la corporation du même nom, a fait une annonce publique ce matin devant les habitants de la station Arasare 7, en réponse aux événements s’étant déroulés dans le secteur ces dernières semaine, à savoir l’attaque de la flotte d’Heir Uriam Kador sur Solitude ainsi que l’attaque de Kador Prime par la flotte Gallente afin de procéder à l’extradition forcée du traître Anvent Eturrer, ex grand Amiral de la Navy.

“Nous sommes heureux de constater que le gouvernement fédéral prend enfin ses responsabilités en défendant activement et avec détermination ses intérêts et ses citoyens. Surtout dans une région comme Solitude qui était jusque là laissée quasiment sans défense par ce même gouvernement.” A-t-il dit dans son discours, diffusé en direct sur une chaine régionale de l’holovision.
Ce radical changement dans le comportement de la fédération quant à la défense de ses frontières, rassure l’Amiral et ses officiers.

“Aujourd’hui, après que notre propre action ai permis de réduire significativement les activités criminelles dans cette région, nous ne pouvons que nous réjouir de voir la Navy prendre le relais.”
En effet, la rapide contre-attaque de la Navy fédérale lors de l’attaque de la flotte de Kador sur Solitude prouve que les travaux d’intelligence et de prévention de la Takagi Corp ont portés leurs fruits. Permettant aux troupes régulières d’intervenir rapidement et efficacement, même lors d’une attaque surprise comme ce fut le cas ce 8 novembre.

L’amiral a entamé la fin de son discours sur cette phrase : “Nous espérons cependant que cet effort sera maintenu. Nous pourrions alors apporter notre soutien à d’autres populations menacées.”

A sa suite, de nombreux analystes ont débattus de l’impact de la présence de la Takagi Corp dans Solitude. Il est certain qu’elle a fortement cantonné l’activité pirate à la région voisine de Genesis. Et même si cette ligne de défense a parfois eu des failles (comme la récente descente Huzzah sur le triangle le dimanche 23 novembre, ayant fait de nombreux morts parmi les citoyens de la fédération) les chiffres de la criminalité dans se secteur sont en baisse constante.

Certains de ces analystes on évoqué la possibilité d’un lien entre la contre-attaque Gallente et la Takagi Corp (qui a prit, rappelons-le, ses distances avec les institutions fédérales après plusieurs années d’étroite collaboration) et ce en prenant directement à parti l’Amiral Takagi, ce dernier leur a répondu : “Nos efforts pour sécuriser le secteur ont en effet permis à la fédération de faire circuler ses troupes bien plus facilement afin de les amener au combat. Mais la Takagi Corp n’a pas été impliquée militairement dans la bataille de Ratillose”

Voilà qui rassurera surement les habitants de la région de Solitude qui peuvent décidément dormir sur leurs deux oreilles.

Solitude : la situation s’améliore.

octobre 2nd, 2008

Les analystes sont formels: les activités criminelles et notamment la piraterie ont fortement diminué dans la région de Solitude.

Ainsi la Takagi Corp voit les résultats de l’action permanente de sécurisation qu’elle mène depuis plusieurs mois dans cette région connue auparavant comme un repère notoire de criminels.
Fer de lance de l’action anti-pirate dans la région, la Takagi Corp a su fédérer autour d’elle une coalition qui œuvre aujourd’hui à construire une paix durable dans cette région reculée et délaissée par le pouvoir Fédéral.
Forts de liens d’amitiés forgés par les batailles qu’ils menèrent côté à côte, plusieurs corporations au sein de cette coalition forment désormais le Consortium Akegata mené par la Takagi Corp (Alliance “AKEGATA CONSORTIUM 418″). Ce consortium œuvre aujourd’hui à tous les niveaux pour bâtir un avenir de paix et de prospérité pour les citoyens de Solitude.

Malgrés ces bons résultats, la situation régionale reste précaire. De nombreuses organisations criminelles menacent encore l’ordre et la justice dans Solitude depuis leurs bases situées dans la région nullsec de Syndicate ou dans la vaste région d’Aridia, menant raids meurtriers et coupant les routes d’approvisionnements. Le Consortium et, plus largement, la coalition continuent donc leur combat quotidien.

La TAKAGI Corp revoit sa stratégie de communication

septembre 26th, 2008

Après une longue période de silence sur la scène publique, la TAKAGI Corp lance une grande refonte de sa politique de communication.

Depuis quelques mois, la corporation s’emploie à moderniser son image afin qu’elle soit plus en accord avec ses nouvelles orientations politiques et ses nouvelles responsabilités à la tête du Consortium AKEGATA(Alliance “AKEGATA CONSORTIUM 418″).
Les phases de travail sur les moyens de communications publiques étant lancées dans les prochains jours, ces efforts seront de plus en plus apparents de l’extérieur.

La TAKAGI Corp condamne l’attaque du dictateur caldari

juin 10th, 2008

C’est avec une immense tristesse, mêlée de rage, que le commandement de la TAKAGI Corp a appris l’invasion de Luminaire par les forces caldaries à la solde du dictateur Tibus Heth.

La TAKAGI Corp a immédiatement informé le commandement de la marine fédérale de Solitude de son soutien. Les forces tactiques et logistiques de la TAKAGI Corp resteront à Solitude afin de protéger les citoyens de la Fédération dans cette région isolée et fort heureusement éloignée des envahisseurs caldaris.

Les escadrons Banshee, Ghost, Hornet et Wasp de la TAKAGI Corp ont reçu l’ordre de se poster aux frontières fédérales afin d’y intercepter toute flotte hostile et de rapporter au commandement fédéral toute invasion par la marine caldarie de la région de Solitude.

Disparition inexpliquée d’un pilote

juin 3rd, 2008

Plusieurs sites d’information du GalNet public font état de la disparition d’un pilote de la TAKAGI Corp.

Le conseil de la TAKAGI Corp confirme que le Sous-Lieutenant Zoltral ne s’est pas présenté au rapport le 2-6-110 comme le tableau d’effectif le laissait prévoir.

Une enquête interne est en cours. Pendant toute la durée de l’enquête et jusqu’à sa conclusion, aucun commentaire sur cette affaire ne sera publié par la TAKAGI Corp.

** Mise à jour **

Le sous-lieutenant Krest Zoltral a été assassiné par une bande de fanatiques caldaris. Cet attentat ne restera pas impuni.

#9 Part 2 – L’oeil

juin 2nd, 2008

LdZ observait le manège de l’homme avec amusement tout en considérant la façon dont Saelle manipulait son arme avec professionnalisme. D’un mouvement vif de la main, elle la rangea dans un holster entre ses reins. Ne sachant trop où mettre le sien, il fit comme sa partenaire, le holster en moins…
Ldz décelait bien quelque chose de malsain chez cet homme mais il n’aurait pu clairement en déterminer l’origine. Il s’adressa à Saelle sans quitter l’homme des yeux qui balayait maladroitement une mèche de cheveux grasse gênant sa vue.
- Vous savez utiliser ce genre d’arme ?
- Oui Capitaine
- Impressionnant ! Et ça qu’est ce que c’est ?
- Ah ça… Ce sont des capsules au phosphore, pour aveugler ou…
Saelle croisa le regard de LdZ très excité par tous ces équipements qu’elle prenait tant au sérieux. Elle vit dans ses yeux la malice caractéristique de l’officier qui cherchait la faille pour un commentaire assassin. Elle commença à rougir devant le sourire insistant de LdZ puis se tourna vers le petit homme.
- Raphael ? La combi ?
- Oui bien sûr Mademoiselle Saelle
L’homme repoussa la mèche de cheveux grasse qui lui retombait sans cesse devant les yeux tout en observant les deux officiers de la Takagi Corp avec un sourire indécent… Il s’exprimait d’une voix mielleuse et ponctuait chacune de ses paroles par un petit bruit de succion qu’il faisait avec ses lèvres. Il se retourna et chercha dans une caisse avant d’en sortir une sorte de combinaison moulante sombre.
- Et le contrat est toujours actif ?
- Oui bien sur Mademoiselle Saelle
Saelle attrapa la combinaison et la tendit à Ldz
- Mes chargeurs Raphael s’il te plaît
- Oui mademoiselle…
S’adressant à Ldz sans même écouter le petit homme :
- Tenez… mettez ça
LdZ examina la combinaison dans ses mains, toujours le même sourire aux lèvres.
- Ah… une combinaison de super héros, j’adore !
C’est un peu ça oui mais c’est une combinaison NPcSA, c’est… C’est perso mais ça s’adaptera à ton, votre corps. On a pas trop de différence de taille. C’est… un truc qu’on m’a offert alors je veux que vous le portiez pour… Euh… Hum…
Elle ne put s’empêcher de sourire. Devant le regard interrogateur de son compagnon qui l’incitait à poursuivre ses explications. Elle reprit son sérieux puis commença son explication en faisant de grands gestes des mains tout en essayant d’imiter la voix du Docteur West.
- C’est un tissage de Nano Polymères complexes de type 3C6, bien sur les 3C4 sont présents aussi mais juste en petits nombre, c’est pour la taille justement. Les 3C5 ont été modifiés ce sont des 3C5O-, ça permet les captations d’oxygène entre autre mais ça sert aussi à charger les capteurs de composés… ça sert à maintenir en catalepsie aussi au cas où… Et… Les NPC sont… Les Nano Polymères Complexes, c’est pour ça Npc… Les Npc donc sont enchevêtrés dans des cellules à structure adaptive, euh des mutants en fait, il les a cultivé lui même, c’est du travail d’orfèvre et… Hum… Ca change les propriétés de la combinaison…
Elle reprit la combinaison entre ses deux mains qu’elle tira de chaque côté pour offrir un maximum de tissu tendu à la vue de Ldz.
Voilà, frappez de toutes vos forces Capitaine.
Souriant, LdZ commença par sautiller sur place en détendant tous les muscles de son corps puis renifla deux fois. Il donna un petit crochet rapide sur le carré de tissu tendu devant lui. Il arrêta net le sautillement de ses jambes quand son poing percuta le tissu. Il entoura son poing comme s’il venait de frapper dans un mur. Ce qui était le cas… Saelle éclata de rire.
- Eh ça fait mal !

***

Elle se tourna vers son écran de communication en fronçant les sourcils.
Un homme, lissant de temps en temps une mèche de cheveux grasse qui retombait sans cesse devant ses yeux, releva la tête et offrit un large sourire à Lamain.
Lamain lui rendit son sourire, les dents abîmées en moins.
- Quel plaisir de vous revoir… Partenaire…
L’homme avait une voix mielleuse à souhait qui hérissait la plupart de ses clients. Mais curieusement, Lamain semblait insensible à ce genre de détail.
- Partenaire ?
Lamain éclata de rire
- Un entremetteur (elle désigna l’homme du doigt), un client (elle leva son autre main, découvrant un petit appareil clignotant) et euh …c’est tout…
L’homme garda le silence quelques instants puis reprit après un soupir.
- C’est G141
- G141…d’accord mais euh pourquoi elle passe encore par un Trauma Emergency ?
- Parce que vous lui avez toujours donné satisfaction Mademoiselle ! Et c’est vous la plus proche du lieu d’extraction.
Lamain jaugea l’entremetteur avide de toucher sa commission.
- Raph, nous appartenons à la même corporation désormais, elle n’a plus besoin de passer par…
Se ravisant, Lamain sourit à l’homme… Elle lui accorda un signe de la tête indiquant qu’elle prenait les choses en mains.
Elle coupa net la communication et téléchargea les coordonnées avant de faire chauffer les moteurs du Décalion.

***

Raphael lâcha un juron. Il détestait ce qu’elle faisait à chaque fois, couper la communication sans prévenir…
C’était ainsi qu’il gagnait sa vie le bougre, il mettait en relation des personnes qui ne voulaient pas savoir… Et ça payait bien. La balise de Lamain recevait régulièrement des appels. Selon la clientèle choisie, le petit homme mettait en relation le récupérateur et le client en vendant les coordonnées du dernier au premier. Investissement zéro bénéfice total. La majeure partie sont des petits contrats rondement ficelés concernant des maris infidèles qui veulent disparaitre, des transporteurs mémoriels qui ne peuvent pas cloner, etc. Pour Saelle et Lamain, c’était particulier… Bien sur, elles sentaient toutes deux l’agent fédéral à plein nez, mais pourquoi utiliser un service parallèle alors que la FIO devait pouvoir offrir des clones sans risque à ses agents ? Cela l’avait toujours titillé mais l’appât du gain avait toujours réussit à calmer sa curiosité. Et puis des agents… pensez donc, il fallait tromper l’ennemi alors pourquoi pas…
Il surveilla son wallet quelques instants, puis consulta diverses données sur le Market. Il passa deux bonnes heures à gérer ses affaires avant que son wallet ne lui donne confirmation de la transaction. Il eu une pensée pour Lamain…
Mais cette fois, le récupérateur avait lâché une info… à demi mots… La phrase tournait dans la tête de l’homme sans cesse comme un serpent qui s’enroulait autour de son corps en l’étreignant : “Nous appartenons à la même corporation…” Trois membres de la Takagi Corp en Deux jours, ça allait faire du bien au wallet… Il se mordit la lèvre inférieure un moment perdu dans ses pensées…
Finalement, il se décida et lança une nouvelle communication avec l’un de ses nombreux contacts…
Lorsque l’écran s’illumina sur le visage grossier, Raphael afficha son sourire commercial en accentuant sa voix mieleuse :
- Monsieur Boris, veuillez me pardonner cette intrusion, mais j’ai là une information qui pourrait bien… vous intéresser…

***

Lamain retira son casque et l’accrocha à sa ceinture. Elle approcha du corps sans vie et se pencha timidement pour constater les dégâts. Elle s’accroupit, le fit basculer pour mieux l’examiner.
La combinaison EV était totalement déchiquetée. Instinctivement, elle essuya la visière de son casque pour détailler son colis.
Comme prise de panique, elle porta son poignet à hauteur des yeux afin de déchiffrer les données de sa montre-scanner. Semblant satisfaite des données lues, elle retira précipitamment son casque et le posa au sol. Elle revint sur son colis en lâchant sur le ton de la déception :
- Pffff c’est pas mon colis ça ! Qu’est ce que c’est que ce foutoir ?!
Elle attrapa le menton du Capitaine LdZ, tourna son visage côté droit, côté gauche, puis côté droit encore et enfin côté gauche…
- Elle n’aurait quand même pas fait une opération de chir…
Soudain, le corps de LdZ fut pris de spasmes sous l’effet d’une toux qu’il ne parvint pas à arrêter de suite.
- Euh trois!
- Trois ?
- Oui trois…
- Mais trois quoi ?
- Euh… Trois côtes fêlées ou cassées.
- Ouh Youh !… Elles sont si moches que ça ? !
Il tenta de se redresser mais Lamain le retint instinctivement en écartant les lambeaux de tissus du torse de l’officier.
- Zut, mon secret est éventé… Oui, j’avoue, je suis un super héros… ce qu’il m’a mit le salop !
La douleur l’empêcha de rire à gorges déployée. Il vit Lamain qui l’observait un grand sourire illuminant son visage
- Hum Ldz, euh tu n’aurais pas vu mon colis?
- Ah navré, mon brushing est pas parfait là, je sais pas de quel colis tu parle mais là c’est bien moi !
- Euh non tu peux pas être mon colis, y a une erreur là!
LdZ posa sa main sur son torse, palpa la combinaison à plusieurs endroits, elle n’avait rien, pas une égratignure, pas une éraflure. Il se remémora les explications confuses de Saelle et se massa les phalanges de la main en souriant.

Il secoua la tête comme pour chasser les souvenirs qui lui revenaient. Il observa sa main, serra le poing plusieurs fois puis vit l’Aspirante Lamain qui s’éloignait calmement. Il la vit farfouiller sur les côtés du corridor dans un fatras de tôle déformé et d’appareillages électroniques gisant au sol.
- Je suis un super héros !
- Trois
- Ah oui trois mais tout de même ! Mais au fait comment se fait il que…
- Elle a activé la balise Trauma
- Tu travailles en Trauma Emergency Lamain ?
- Euh je vois pas de quoi tu parle…
- Mais…
- Ah la voilà !
Lamain ramassa un petit objet qu’elle brandit à son supérieur en signe de victoire. Une petite carte électronique visiblement brisée.
- Bon ben euh d’accord, c’est toi mon colis.
Ldz reconnu l’objet immédiatement et remercia Saelle intérieurement d’utiliser ce genre de gadget : un déclencheur Trauma Emergency. Une balise de secours, un appel à l’aide, un SOS. Et celui là sonnait chez Lamain… Saelle !
- Merde Où est Saelle !?
C’est alors qu’au même endroit, comme un cauchemar qui se répétait, l’homme en combinaison bleue marine réapparu. Ldz eu un mouvement de recul instinctif, sa poitrine lui rappelant la douleur endurée quelques heures plus tôt.
Lamain tentait de comprendre ce qui faisait reculer le Commandant et lorsqu’elle vit ce qu’il fixait du regard, elle comprit que son colis était en danger.
Il ne fallut pas longtemps non plus au gros Boris pour analyser la situation. Son informateur avait tardé ou la bougresse avait fait diablement vite. Le résultat restait le même, malgré l’avertissement grassement payé, les renforts étaient arrivés…
Boris sorti son arme, vif comme l’éclair, et commença à arroser copieusement la zone où se trainait encore Ldz.
Lamain avait bondit près du Capitaine qui se relevait en offrant le moins possible son corps au tirs de son assaillant. Pendant son déplacement elle avait jeté une poignée d’objets sphérique qui roulaient, mus par une force inconnue, vers le Gros Boris.
Les coups de feu cessèrent une fraction de seconde, Boris avait décelé les sphères qui continuaient leur course folle vers lui et tentait de comprendre ce qui lui arrivait dessus. Désormais acroupi, Ldz vit passer au dessus de lui, telle une panthère bondissante, l’Aspirante Lamain qui fonçait vers l’homme en combinaison bleue. Dans l’une de ses mains, on apercevait un objet métalique court qui brillaient par intermittences au grès des éclairages.
Les nanomachines sphériques, atteignant leur cible, commencèrent leur ronde folle autour des pieds de Boris. Chacune à leur tour, elles attaquèrent les pieds de l’homme qui, bien que ne comprenant toujours pas à quoi il avait à faire, commença à pousser de petits cris de douleur mêlés de surprise puis d’horreur. Les nanomachines, à chaque assaut, découpaient un peu plus les chairs du gros Boris, iInlasssablement, sans répis. Il commença à tirer sur les sphères tournoyantes en vain, celles ci demeuraient bien trop rapides. Sans qu’il ne s’en rende compte, Lamain était déjà sur lui. Elle l’agrippa au col d’une main et d’un mouvement fluide de l’autre, provoqua une giclée de sang au niveau de sa gorges.
Le gros Boris, toujours concentré sur l’action des nanomachines sur ses pieds, lâcha un gargouillis immonde que personne ne pu comprendre avant de s’écrouler au sol, inerte.
Abasourdi, Ldz approcha rapidement en gardant un oeil inquiet sur les sphères qui s’étaient immobilisées. Comme pour elle même, Lamain annonça :
- Colis sauvegardé…
- C’est pas mal non plus comme taf.. Colis de Lamain…

***

Elle vit la silhouette s’approcher encore… encore… comme un holoreel bugué répétant sans cesse la même scène folle… Sa respiration s’accentua et son rythme cardiaque s’accéléra. Elle n’en pouvait plus, il fallait que cela s’arrête… Procédure B9T ! Procédure B9T ! PROCEDURE B9T !
Elle entendait sa propre voix hurler dans son crâne. Personne d’autre ne l’entendait. Ses lèvres demeuraient hermétiquement closes, fondues entre elles par une large bande de plastiskin, qu’on ne pourrait plus jamais retirer sans déchirer les chairs.
A nouveau, sous l’effet de sa respiration trop forte, elle senti le liquide visqueux la démanger. Non… Pas encore… Il aurait fallu qu’elle redresse la tête mais sans qu’elle n’en comprenne vraiment le pourquoi, cette opération lui était impossible. Une douleur aigue à l’arrière du crâne, une force qui l’empêchait ne serait ce que de tourner la tête, la dissuadait d’effectuer tout mouvement. Le sang commença à affluer dans ses narines. Sa respiration incontrôlée provoqua ce qu’elle redoutait… elle tenta d’expulser le sang en une fois mais elle ne pouvait s’empêcher d’inspirer, le manque d’oxygène était trop grand et les battements de son coeur allaient crescendo, somme si son corps appréhendait ce qui se passait. Dans un bruit de gargouillis son nez commença à rougir sous les projections de sang.
La forme trouble était toute proche désormais et une voix caverneuse s’adressait à elle. Sa respiration et son coeur s’emballaient, ses narines se bouchaient systématiquement après chaque inspiration d’air rendant encore plus paniqué les respirations suivantes. Elle tenta encore d’ouvrir la bouche ou de bouger la tête, en vain.
Subitement un picotement au bout des doigts calma sa respiration, le picotement s’étendit à toute sa main, puis au poignet. Quelquechose de chaud atteignit sa joue, sa vue se troubla encore. Le plafond éclairé au néon de fortune commença à se pencher lentement puis il bascula rapidement, elle était dans le noir : sa paupière s’était refermée. Elle était en train de s’évanouir…
Par le fin tuyau inséré entre ses lèvres fondues, un liquide froid et pateux arriva encore et rempli sa bouche inexorablement jusqu’à ce qu’elle pense à l’avaler au lieu de s’étouffer… Elle avait froid, elle sentit ses membres trembler.
Voilà elle y était ! Enfin ! La crise d’épilepsie salvatrice… Procédure B9T !
Son corps fut pris de spasmes incontrôlables. La douleur derrière son crane devint insupportable. Son oeil fuyait la silhouette désespérement, la peur gagnait du terrain. Quelquechose en elle savait. Saelle comprenait que son corps tentait de lui communiquer les informations nécessaire à la gestion de la douleur, mais elle restait incrédule et ne voulait les accepter. Elle ne pu réfrener une larme de son oeil tuméfié quand la silhouette exhiba une main ensanglantée, sa main droite tranchée net, qu’elle sentait pourtant encore et qui la démangeait terriblement… Curieusement elle fut soulagée et cela se manifesta dans son regard fuyant. Elle referma la paupière un instant mais cette fois volontairement. Elle entendit un rire en écho. Lorsqu’elle ouvrit a nouveau l’oeil, tout allait toujours au ralenti, trouble et nauséeux, la silhouette était toujours là, toute proche.
Le Docteur Murata, les dents jaunes et les joues couvertes de sang, lui concéda un sourire de compassion. Sa main droite avait tant souffert depuis le début de cette séance de torture qu’elle aurait voulu lui rendre son sourire, le remercier de lui avoir retirer l’extrémité de son membre endolori et désormais sans vie. Mais elle ne pouvait s’exprimer que par des sons de gorges que le docteur ne semblait ni apprécier ni comprendre. Elle ne se souvenait pas de toutes les opérations que sa main avait subit : les ongles arrachés, les phalanges cassées, les composés acides déversés sur des plaies ouvertes, etc. Mais en la voyant, son coeur s’était soulevé.
Le docteur sorti son scalpel de sa poche et s’apliqua d’un seul trait à ouvrit les lèvres de Saelle. Un jet de sang atteignit sa blouse, ce qui le fit sourire. Une masse informe et liquide s’écoula des lèvres tranchées de saelle. Tandis qu’elle aspirait gouluement de l’air par la bouche, haletante, elle prit la peine de murmurer un mot pour le docteur.
- … Merci…
- Je sais… Je sais que Boris est un peu rustre, et il n’a pas les bons outils voyez vous ? C’est un basique, il aime les sensations primaires. Bien sur c’est respectable. Oui ! C’est efficace. J’avoue avoir grandement apprécié son travail avec vos doigts très chère mais les outils… ah les outils ! Ils ouvrent d’autres perspectives… Et cette façon qu’il a de vous humilier dans votre intimité ? N’est ce pas ? Incomparable ! Incroyable ! Un régal. J’espère sincèrement que vous en garderez un souvenir imperissable, de ceux qui vous hantent dans vos pires cauchemars. Oh oui il est si… basique…
Il s’écarta d’un mètre pour avoir une vue d’ensemble sur sa victime. Il se gratta le menton puis aprocha rapidement. De son scalpel toujours, il découpa le tissus rougit par le sang qui habillait le torse de Saelle. Son regard s’illumina comme un enfant émerveillé.
- Grand dieu ! Foutre de… Comment avez vous pu cacher cela ?! Qui a osé vous faire cette… Cette merveilleuse balafre entre vos seins !
Il sembla un instant rentrer dans une rage folle. Il jeta son scalpel au sol et tappa du talon comme pour exprimer sa rage et sa colère. Il se figea, perdu dans ses réflexions. Puis se rapprocha encore, toucha du bout des doigts la cicatrice ancienne et hideuse qui barrait le torse de Saelle. Il semblait à la fois en proie à la colère et à l’admiration, son visage était torturé entre ces deux expressions.
- Grand dieu ! Boris ! BORIS ! Il va adorer… Ahhh grand dieu ! Mais qui donc est le génie qui vous a immortalisé de cette cicatrice si… majestueuse ! Qui ?
S’arrêtant soudain, la main tremblante, il posa deux doigts sur la pommette ensanglantée de Saelle. Il s’approcha de la plaie tuméfié derrière laquelle devait encore se trouver l’oeil droit de saelle avant d’ajouter
- Ahhh celui ci tourne mal. Nous allons arranger ça pour vous permettre d’y voir a nouveau. Je vais vous enlever ce vilain hématome.
Un crissement désagréable se fit entendre et lorsqu’il se redressa, le Docteur Murata avait à nouveau entre ses mains son scalpel sanguinolent. Il commença à s’activer sur la pommette de Saelle, lardant la chair tuméfiée de coup de scalpel, libérant petit à petit l’oeil obstrué. Comme pour faire la conversation il reprit :
Cette main vous vous souvenez n’est ce pas ? Mais si voyons… Allons Très chère, faites un effort… Pardon ? Je ne vous entend pas, parlez plus fort…
Ce que le docteur prenaient pour des paroles, des murmures, n’étaient en fait que de faibles gémissements qu’elle ne contrôlait plus. L’expression de son corps signalant la douleur qu’elle subissait sous l’effet du scalpel.
Oui ! OUI ! C’est la main avec laquelle vous m’avez giflé dans cette rue ! Hélas très chère, j’ai la rancune facile voyez vous ?
Tout en discutant, Murata mettait la chair autour de l’oeil de Saelle a nue, libérant ainsi le champs de vision de la jeune femme pensait il. L’oeil désormais visible était complètement rougit, injecté de sang, et semblait inerte dans une direction fixe.
Un coup de feu lointain retentit.
Le docteur se redressa, soupira un long moment puis s’adressant à lui même
- Boris… Boris… Boris… tssss… Primaire… Ne vous inquietez pas ma chère nous allons vous garder bien éveillée. A vrai dire nous en avons terminé n’est ce pas ? Boris ?! Boris ! BORIS !

En entendant le prénom maudit, les souvenirs se mélangèrent à la réalité. Elle perdit pied, ne distinguant plus le réel du mémoriel… et ce putain d’implant qui n’était plus fonctionnel… Comment survivre aux émotions… Comment supporter l’insoutenable…

Les souvenirs se superposèrent à la réalité, elle ne savait plus distinguer l’un de l’autre… Boris… L’oeil valide de Saelle continuait toujours des aller-retour frénétiques, affolé, tentant de comprendre son environnement. Borris apparut par intermitences, son visage grossier contre le sien. Elle reconnu l’odeur acre de sa transpiration envahir ses narines. Petite connasse…

Et Murata qui éclatait de rire en découpant ses chairs inlassablement.

Borris… Toujours apparaissant fugacement, grimaçant et suant, crachant sur son visage en l’insultant. Une chaleur insupportable brulait ses chairs entre ses cuisses. Petite connasse, petite connasse…

Et Murata qui jouait avec la main tranchée sur son viage.

Borris, qui hurlait en bavant de plaisir et tentait de l’étrangler, continuait sans cesse ses aller retour douloureux l’insultant copieusement… Petite connasse… Petite connasse…

Et Murata qui hurlait de rire si fort qu’elle en devenait sourde. Si fort, trop fort…. Un instant, le silence s’imposa, avant que la tête du Docteur ne disparaisse dans un nuage rougeoyant.

Un silence cérémonieux s’était installé. L’oeil affolé de Saelle ralentissait sa course, comme rassuré, il se fixa sur un visage trouble, un nouveau visage, familier, rassurant, si rassurant !

***

Ldz, suivi de Lamain, observait la scène depuis moins de quinze secondes… Il était abasourdi par l’horreur du spectacle du Docteur Murata. Parlant sans cesse, bruyant, tonitruant, son monologue s’adressait à Saelle à n’en pas douter. Ldz approcha rapidement de l’homme, le pas déterminé. Son visage affichait un rictus de dégout à la vue du Docteur. Sa main alla chercher son arme dans son dos. D’un mouvement lent et précis, son bras décrivit un arc de cercle vers l’avant pour finir sa course aligné sur le crane du pseudo scientifique. Le rire de l’homme fut étouffé par le bruit de la détonation. Le crane du docteur explosa littéralement comme un fruit trop mur.
Ldz resta quelques secondes le bras tendu, l’arme à feu toujours dirigé vers l’endroit vide où se tenait le boucher quelques instants plus tôt. Les yeux fixés sur Saelle, sa respiration s’arrêta le temps que sa vue accepte le tableau qu’elle devait analyser. L’oeil de Saelle le fixait avec insolence, il repartait puis revenait sans cesse comme pour s’assurer qu’il voyait bien l’homme si proche d’elle, vivant.
Les lèvres de LdZ furent prises de tremblements incontrôlables. Il voulu la prendre dans ses bras ou lui parler pour la rassurer mais il restait tétanisé. Et quand bien même, à la vue de ce corps torturé, comment aurait il pu la serrer dans ses bras sans la faire souffrir…

Lamain l’obligea, doucement, à baisser son arme. Et d’un mouvement calme, elle approcha du siège chirurgical où Saelle était attachée. Lamain vit à certain endroits la chair percée par des visseries énormes. Elle murmura quelques mots à l’oreille ensanglantée de Saelle… Quelques mots qui se transformèrent en mélodie calme et lancinante.

- Tout va bien… Nous rentrons… All the things I used to see… All my lovers were there with me… All my past and futures… And we all went to heaven in a little row boat… There was nothing to fear and nothing to doubt…

Ldz Observait la scène toujours immobile. Lorsque Lamain commença à fredonner l’air familier, il vit l’oeil de Saelle le fixer. Bercée par le chant de Lamain, il cru l’entendre crier, hurler de détresse. Le liquide lacrymal apparu en masse avant de couler le long de sa joue.
D’un mouvement calme, Lamain aposa sur la peau de Saelle une seringue hyppodermique qui délivra dans son organisme une quantité importante d’anesthésiant. L’oeil de Saelle ne cessait de fixer Ldz.
Quelques minutes plus tard, la respiration de Saelle s’était définitivement calmée et son coeur battait à un rythme serein et lent.
Il vit la paupière de Saelle se fermer un long moment et il cru déceler comme la naissance d’un sourire sur ses lèvres complètement déchirées et cisaillées.
Ldz s’approcha et se mit à genoux pour aider à dégager les sangles de la chaise. Délicatement il souleva l’un des pieds de Saelle pour finalement se rendre compte que le genou le supportant était littéralement cloué sur la chaise chirurgicale. Sa main se mit à trembler et il reposa lentement le pied avant de faire un signe de tête à Lamain. En détaillant le reste du corps de Saelle, Ldz ne pu s’empêcher de lacher un juron d’une voix étranglée.
- Je… Il faut la cloner… Elle n’est pas transportable…
Ldz parlait d’une voix étrange, résignée, grave. Lamain répondit sans même se retourner.
- On ne clone pas G141 euh on doit la ramener avec… ses implants, c’est une des clauses… du contrat.
- C’est moi ton colis non ? Ta clause ne s’applique pas pour… c’est un ord… laisse tomber…
- Je ne vois pas de quoi tu parles. Elle n’a pas mal là. Aide moi.
Sans arrêter de s’affairer doucement autour de Saelle, dégageant un à un, délicatement, les membres de la jeune femme, Lamain fredonna la même chanson encore tandis que Ldz, le coeur serré, commençait à détacher avec précaution le genoux de Saelle de sa chaise de torture.

***

Ils étaient tous trois rentrés à bord du Décalion dans une ambiance grave et cérémonieuse. Tout le long du voyage, Ldz maintenait Saelle dans ses bras, sentant son souffle court et lent rythmer les battement de son coeur. Parfois son corps était pris de tremblements incontrôlables. Lamain lui expliqua qu’il fallait lui parler, la rassurer, que le mieux encore était de lui fredonner une chanson, ça calmait bien les crises… Ldz après un temps d’arrêt s’éxécuta et murmura des mots à l’oreille de Saelle, ce qui eu pour conséquence l’éffet escompté.

Une fois amarés, Lamain lui intima l’ordre de quitter le Décalion avant de redécoller aussitôt et de disparaître précipitamment. Une équipe médicalisée arriva rapidement sur les docks ; Ldz déposa Saelle dans un brancard automatisé qui se referma sur la jeune femme en commençant le diagnostique.

Le lendemain après de multiples examens, LdZ sortait enfin des salles d’examen du Docteur West. Trois côtes fêlées, il s’en sortait bien…
Il vint devant la vitre de la chambre de Saelle, le docteur West était également présent observant le déroulement des opérations. Deux infirmières surveillaient leur patiente et manipulaient une machinerie médicale complexe qui reconstruisait les chairs abimées.
Ldz observa le ballet des bras médicalisés un long moment puis tourna la tête vers le docteur West en parlant à voix basse.
- Comment peux t on supporter…
- Je ne sais pas Capitaine. Mais c’est ce qu’elle a choisit, elle veut se souvenir de tout ce qu’elle vit même si son corps doit en porter les stygmates… Mais rassurez vous , je n’ai jamais signé aucun document stipulant que j’obéissais à la lettre à ces voeux…
Ldz resta silencieux, ne trouvant aucun mot pour exprimer ce qui tournait dan sa tête. Le Docteur West reprit
- Capitaine, je vous serez gré d’être convaincant lorsqu’elle vous le demandera.
- Convaincant ?
- Oui convaincant pendant que vous lui déclarerez sur un ton rassurant qu’elle n’a jamais perdu la main. Pour son oeil, j’ai fait ce que j’ai pu eu égard à ses refus silencieux de lui en cultiver un autre…
Ldz Acquiesça de la tête sans rajouter un mot de plus.

Quelques jours plus tard, sortie des services du docteur West, Saelle arpentait à nouveau, en boitant légèrement, les couloirs de la Takagi Corp en sirotant un quafe. Comme d’habitude, comme si rien n’avait évolué, on la croisait en souriant, on la croisait en la saluant, mais quelque chose avait changé dans son attitude. Outre les quelques séquelles encore visibles, elle gardait obstinément le silence, son oeil valide fixé vers sa destination.
Plus tard, Ldz et Saelle se croisèrent à la sortie d’une salle d’étude. Devant le regard médusé de plusieurs aspirants, ils échangèrent un long regard. Un son sec et claquant fit sursauter Saelle qui chuchota alors un mot qu’aucun n’avait pu entendre en dehors de Ldz. Celui ci lui offrit en réponse son sourire le plus sincère, sans un mot. Les rumeurs et ragots allèrent bon train ; on parla de baisers volés dans les couloirs, de liaison interdite par l’Amiral en personne, des penchants lubriques de l’Officier pour les jeunes filles inexpérimentées, ou encore de la façon inhabituelle dont il s’était tenus les mains à la sortie de la salle d’étude. Cette dernière rumeur fut la seule avérée pour les observateurs mais aucun des deux acteurs n’aurait pu le confirmer puisqu’ils ne s’en étaient pas aperçus.

Le lendemain, Ldz avait fini d’analiser les données vidéo du pseudo docteur Murata. Le boucher avait tout enregistré et bien qu’ayant vu le résultat sur Saelle, Ldz ne put accepter la vision de certaines scènes tout bonnement insupportables. Durant les longues heures de tortures, le Docteur Murata était entré en communication avec plusieurs personnes. On entendait clairement la restitution audio de certaines conversations au loin et il ne faisait aucun doute que le piège tendu à Saelle était en rapport avec Wolf Storm. Quant à Tess, son calvaire, filmé également, avait été le même que celui de Saelle, si ce n’est qu’elle n’avait pu espérer un seul instant s’en sortir dignement. Elle avait également été torturée mais avait réussi à se donner la mort pour abréger ses souffrances.
De ce qui était intelligible, Ldz comprit que Wolf était retenu prisonnier quelques part en empire et qu’un certain Monsieur Glaims était à l’origine de tout ceci. Vu les pratiques particulières des ravisseurs des deux jeunes femmes, le pire restait à craindre pour Storm. Saelle était soit disant détentrice d’une information cruciale pour ses tortionnaires concernant Wolf Storm mais elle n’en avait pas conscience ou alors n’avait jamais lâché l’information voulue. Tout ce qui ressortait des enregistrements concernait un homme que Saelle s’obstinait à définir comme étant le frère décédé de Wolf Storm. Visiblement le docteur Murata semblait bien au courant d’une sorte d’héritage provenant d’Alex Storm et que Tess aurait confié à Saelle.

Etant donné l’importance des indices découvert, LdZ tenta de voir l’Amiral Shinji Takagi mais ce dernier restait insaisisable et ses appels sur Neocom étaient systématiquement rejetés. Il avait été vu pour la dernière fois en compagnie d’une jeune femme très belle, selon les dires de quelques officiers, avant de se diriger vers son bureau et de s’y enfermer, en refusant qu’on le dérange.

Une heure plus tard, un appel à tous les officiers les invitait à rejoindre la salle de briefing A02 pour une allocution de l’Amiral. Sur le chemin, au détour d’un couloir, Ldz retrouva Saelle qui se dirigeait également vers la salle de briefing.

Remerciements à Doc West, Lamain et Ldz
pour leur participation.

#9 Part 1 – Le Gros Boris

mai 2nd, 2008

Elle referma la porte du petit bureau en essayant de faire le moins de bruit possible et emprunta le long couloir d’accès aux ascenseurs, perdue dans ses pensées.
Avoir un entretien avec Shinji Takagi n’était pas chose commune de son point de vue et, même si l’expérience fut agréable, elle restera gravée dans la mémoire de Saelle. L’Amiral l’avait désarçonné par deux fois.
Elle s’attendait à un homme sévère au ton sec, elle s’était retrouvée face à un homme bienveillant et chaleureux.
Elle s’attendait à un homme soucieux du bien être de sa corporation, elle s’était retrouvée face à un CEO au fait des problèmes et préoccupations de ses effectifs.
Qui plus est, il avait montré une décence et un respect absolu dans les orientations que prenait l’entretien. Bien sur que Saelle voulait éviter certains sujets, bien sur que certains thèmes étaient un peu douloureux. Non seulement il les avait décelé mais il avait eu l’intelligence de ne pas insister sur ces points. Il savait et donc rendait possible le dialogue sans l’imposer…
Elle se gratta le nez, troublée par une odeur qu’elle connaissait. Elle renifla deux fois avant de relever la tête pour voir où en était sa progression dans ce couloir interminable. Une forme masculine était à quelques dizaines de centimètres devant elle.
Le Capitaine LdZ lui fit l’accolade pour la féliciter, visiblement au courant de sa promotion au grade de sous-Lieutenant.
Elle sourit à l’officier pour le remercier.
- Alors ? Racontez ! ça s’est bien passé ?
- Oui…
Saelle se gratta la tête nerveusement.
- ahah ! on ne dirais pas, vue votre tête.
- Ah si, juste surprenant… Plus accessible que je ne le pensais mais…
- Mais ?
- Il n’a pas voulu me laisser le grade d’aspirante…
Elle haussa les épaules comme une enfant déçu.
- Oui je vois, c’est bien son style.
- Je lui ai expliqué mais… Il m’a opposé des raisons de sécurité que je n’ai pas très bien comprises. Je ne suis pas prête, je suis encore en étude, je suis un officier en devenir pas un officier de fait…
Le Néocom de Saelle vibra. Elle sembla ne pas s’en rendre compte. Ldz la dévisagea en souriant.
- Je crois que tu… vous vous préoccupez de détails sans importance Saelle. Votre Néocom vous appelle…
- Oui je…
Elle se gratta la tête avant de sortir l’appareil de sa poche. Elle consulta ses messages, retint sa respiration un court instant avant de froncer les sourcils.
- Quelque chose ne va pas ?
- Non… Si… Je
Instinctivement elle attrapa l’épaule de LdZ pour ne pas vaciller, visiblement troublée par ce qu’elle venait de lire… LdZ senti le trouble la gagner et la retint avec délicatesse.
- Saelle ?
Elle ferma les yeux comme pour se concentrer, fouiller sa mémoire fragmentée et abîmée…
- Ce n’est pas la bonne formulation… Elle ne respecte pas la procédure…
- Saelle ?
- Je dois y aller, veuillez m’excuser Capitaine…
- Saelle ?!
Elle ouvrit les yeux lentement, LdZ s’interposa doucement pour obtenir une réponse mais aussitôt, elle l’esquiva et parti en trombe vers les ascenseurs… Il l’observa partir, puis baissant les yeux, déchiffra le message du Neocom de Saelle qu’il tenait dans ses mains.

«Je pars quelques temps en vacances au soleil
Pense à moi, je te donne bientôt des nouvelles
A bientôt, porte toi bien
Tess »

Le Capitaine Ldz se grattait le menton de sa main libre. Il releva les yeux sur la porte qui s’ouvrait devant lui. Shinji Takagi s’avança calmement vers lui en pointant un index en sa direction.
- Joli Néocom Capitaine…
Ldz observa un instant le Néocom, perplexe, puis retournant l’appareil découvrit la coque rose un peu rayée.
- Ah… ce n’est pas le mien Amiral. C’est celui de l’aspirante Saelle qui vient de…
- Lieutenant Saelle… Je ne vous savais pas chapardeur Capitaine.
- Ah ça c’est… Je dois lui rendre plus tard…
- Je vois… Capitaine, j’ai à vous parler et j’ai une mission de la plus haute importance à vous confier. Accompagnez moi jusqu’à la salle de réunion. Une fois sur place vous y attendrez mon accord pour intervenir.
- Bien Amiral…
Tout en suivant Shinji Takagi dans le couloir, LdZ rangea discrètement le Nano Néocom de Saelle dans poche et acquiesçait les paroles de l’Amiral avec un intérêt grandissant.

***

Saelle observait le tableau des affectations des pilotes avec assiduité. Elle avait chaussé ses lunettes devant le regard médusé de plusieurs aspirants de la Takagi qui se demandaient comment, à notre époque, il était encore possible d’utiliser un tel accessoire… La fréquence des remarques qui fusaient autour d’elle augmenta à mesure que le temps passait. Saelle ne les entendait pas, elle ne les voyait pas. Seul le grand tableau comptait.
Elle relu une fois encore toutes les affectations, avec concentration. Avec la guerre que leur menaient Aegis Militia et Eckchuah , l’ensemble des pilotes était directement rattaché à la TacOps pour diverses opérations à caractère militaire… à Solitude. Seul Docteur West et Lamain, les deux personnes en qui elle avait une confiance aveugle, était en Empire pour affaire et présentait donc un intérêt mais pas dans l’immédiat. Au bout d’une demi heure, Saelle était toujours plantée devant le tableau, les bras ballants.
- Quand voulez vous partir Saelle ?
- Le plus vite possible. Mais mon Meiyo est toujours en réparation…
La voix venait de derrière, un souffle dans sa nuque, une fragrance plaisante.
- Avec notre centre de Jump Cloning ici c’est vite fait.
- Non j’évite ce… procédé, il ne me convient pas.
- Ne me dites pas que vous faites le voyage à chaque fois ?
- Et bien… Mais comment savez vous que…
- Ce n’est pas le genre de voyage qu’on entreprend à la légère !
LdZ déposa le Néocom dans la main de Saelle en souriant Elle reconnu l’objet au toucher et se retourna pour faire face à son interlocuteur.
- Avec les récents évènements, un pilote de votre rang ne reste pas au front ?
- J’ai à faire en Empire… (LdZ eut un sourire mystérieux) … Ordres de l’Amiral… Ca me donne une liberté de manœuvre suffisante pour vous accompagner Saelle, à condition que nous utilisions le Clone Jumping Facility, un voyage serait trop long…
Saelle se gratta la tête nerveusement, jaugeant la situation intérieurement. Le Capitaine LdZ reprit :
- Je vais me mettre au vert quelques temps – Je suis grillé – Oublie moi – Je ne pourrai plus te contacter – Adieu, Porte toi bien, Tess … J’ai bon ?
Elle jaugea LdZ du regard, impressionnée, et il perçut dans son attitude comme un relâchement musculaire, un soulagement.
- Oui c’est… ça… Il y a aussi les premiers mots de chaque phrase : Je pense à Tess, qui contredit le texte principal et donc je pense qu’elle se met au vert contre sa volonté… Mais… le pire c’est le « Porte toi bien »… Ce n’est pas bon signe…

***

Le même frisson lui parcourut l’échine lorsque le liquide atteignit sa nuque dans la capsule. Elle était moins stressée que la dernière fois, la situation l’en empêchait mais l’appréhension était bien présente. Et puis ils étaient deux, elle savait LdZ dans la capsule à sa gauche…
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Elle haleta, frappa la paroi de la capsule ruisselante. Elle sursauta en voyant apparaître le visage souriant de LdZ à travers le plexiglas. Elle cessa de frapper la capsule, rassurée, et lui rendit son sourire en rougissant. Sa main se posa sur la paroi tentant de toucher le visage familier. Cette fois la capsule eut le temps d’atteindre son cycle d’ouverture…
A la surprise de son compagnon, qui finissait de s’habiller, Saelle bondit hors de la capsule comme une panthère prête à en découdre avec le personnel médical présent.
- Un problème ?
Saelle plissait les yeux, à l’arrêt, jaugeant la situation.
- Non… Non…
Elle se gratta la tête nerveusement.
Ldz la contempla un moment, amusé, puis il lui lança des vêtements laissant la jeune femme prendre conscience de sa nudité. Il sorti précipitamment de la pièce afin de ne pas gêner plus la jeune femme.

***

Une heure plus tard ils étaient chez un « ami » de Saelle qui leur fournissait le kit du parfait agent en mission, Néocom sécurisé, arme de poing, quelques hacking card et autres accessoires réjouissants. LdZ observait le manège de l’homme avec amusement tout en considérant la façon dont Saelle manipulait son arme avec précision et professionnalisme avant de le ranger dans un holster entre ses reins. Ne sachant trop où mettre le sien, il fit comme sa partenaire, le holster en moins…

Ils partirent ensemble dans une frégate civile de fret louée pour l’occasion. LdZ était aux commandes et bien que l’engin tienne plutôt du fer à repasser volant que de la Nano Frégate, il démontra à Saelle que la compétence restait une valeur sûre quelque soit le matériel employé. L’engin faisait des miracles entre ses mains. Il avait stabilisé le navire dans l’espace à un kilomètre de l’épave d’un croiseur gallente. Saelle et Tess s’étaient échangées leurs signatures de navire si bien que, l’une comme l’autre pouvaient, après quelques brèves recherches et analyses, localiser le vaisseau de l’autre plus ou moins facilement.
Selon Saelle c’était le navire de Tess, le Nativity II. Il semblait bien endommagé, victime d’un combat éprouvant vu l’état de la coque il gisait dans l’espace sans vie… Les scanners ne réagissaient pas, aucune vie à l’intérieur. Ils décidèrent d’explorer l’épave abandonnée à la recherche d’indices. Tess n’était pas du genre à partir sans laisser un petit mot.

LdZ approcha la frégate à quelques mètres du croiseur sous le regard médusé de Saelle qui s’était agrippée à son siège pour anticiper un choc qui n’était jamais venu. LdZ ne put s’empêcher de rire en voyant l’état de stress de sa camarade. Il était arrivé à grande vitesse dans une manœuvre complexe permettant d’annuler sa vitesse en position finale et donc de finir à l’arrêt absolu. Saelle lâcha un sourire nerveux à LdZ tandis que ses mains tentaient d’arracher les accoudoirs de son siège.
Ils revêtirent leur combinaison légère EV-SPACE et une fois le casque enclenché et leurs ceintures encordées, Saelle referma le sas pressurisé et ils se dirigèrent vers la porte de la soute qui s’ouvrit sans bruit sur l’espace étoilé. Comme deux acrobates virevoltant sur une piste improbable, ils s’élancèrent dans le vide en direction de l’épave du croiseur. LdZ ne pu s’empêcher d’exécuter quelques mouvements de brasse aquatique pour détendre l’atmosphère…

Une fois à bord du croiseur, dans les parties habitables intactes, rassurés sur la présence d’air respirable, ils retirèrent leur casque et purent enfin respirer un air un peu moins confiné… Ils progressèrent dans les coursives du vaisseau. Celui-ci était complètement vide de passagers.
Saelle en profita pour faire le point à voix haute en expliquant quelques éléments manquants à LdZ pour une pleine compréhension de la situation. Ainsi en quelques minutes de discussion, il en apprit bien plus sur Saelle que tout ce temps dans la Takagi… Il était devant une facette de Saelle qu’il ne connaissait pas, si différente et à la fois si familière… Elle lui avait expliqué ses relations particulières avec son agent, Tess, retrouvée grâce à la perspicacité de docteur West. LdZ comprit aussi les absences et les troubles qu’il avait jusque là attribué au caractère lunaire de la jeune femme. Tout ceci avait donc une explication et le Docteur West y avait mis fin, du moins s’il n’avait pu corriger le passé, Saelle pouvait envisager l’avenir sans crises mémorielles ou pertes de mémoire…
- Ca doit être flippant ces souvenirs par bribes, savoir des trucs sans en connaître l’origine ou encore reconnaître quelqu’un sans s’en souvenir c’est… bouleversant non ?
- Oui, c’est étrange, on cherche sans cesse mais sans trouver et finalement on s’y résigne… c’est assez semblable à ces rêves bizarres où tu connais par avance ce que tu vas vivres en boucle en tentant d’en sortir sans jamais y parvenir…
- Tu dois être soulagée de ne plus devoir faire le choix d’oublier…
- Non c’est facile de décider de ne pas souffrir… Maintenant c’est différent : je parviens à recoller les morceaux et j’entrevoie certaines douleurs qui vont m’étreindre…
LdZ marqua un moment de silence et posa sa main sur l’épaule de saelle. Saelle s’immobilisa un bref instant et tournant la tête vers Ldz ajouta :
- Je ne me souviens pas avoir du gérer mes sentiments… C’est… flippant…
Le sourire forcé de Saelle ne trompait personne, ni son regard qui venait de se voiler subitement et qu’elle cacha maladroitement avant de reprendre la marche.
- Tant mieux, et puis tu n’est plus seule maintenant, toute la TAKAGI corp est là pour t’épauler, il y aura toujours quelqu’un pour te porter assistance ou te réconforter, c’est ce qui fait notre force, et… et bien ça fait plaisir de t’avoir parmi nous !
- C’est à Tess que je dois ça. Sans elle je n’aurai jamais été reversé chez Takagi et j’aurai fini petite détective à trois isk en Essence allant de contrat désuet en contrat minable…
- Bah dis pas ça… Et pourquoi tu cours après Wolf tiens ? C’est un pur trip de nana ? je sais pas ce que vous avez toutes avez lui…
- J’ai aimé son frère, Alex Storm, et maintenant j’ai un héritage à lui remettre.
- Wolfounet ? Un Frère ?! N’importe quoi ! Je le connais bien il n’a pas de…

Une détonation assourdissante coupa la discussion.
Une légère fumée provenant de l’avant attira l’attention de Saelle mais elle ne distinguait pas très bien de quoi il s’agissait. En une fraction de seconde elle comprit ce qui arrivait. Elle se retourna vers son compagnon qui s’écroulait sur lui-même, tel un pantin désarticulé. Saelle tendit une main en direction de LdZ pour le rattraper, en vain. L’impact, au niveau de la poitrine sur la combinaison de LdZ semblait énorme et ne laissait aucun doute quand à l’état de santé du pilote talentueux. Saelle le vit s’écrouler au sol, impuissante. Elle le fixa, le souffle court, gisant au sol, le regard vide. Ses lèvres s’entrouvrirent, tremblotantes, mais aucun son ne sorti de sa bouche.
De l’autre côté de la coursive, un homme en combinaison bleue marine pointa une arme encore fumante vers Saelle. Il éclata d’un rire gras qu’elle reconnu entre mille.
- Ma petite connasse ! Imagines comme je suis heureux de te revoir !

Remerciements à Ldz
pour sa participation

La TAKAGI Corp devient indépendante

avril 29th, 2008

Lors d’une conférence de presse au QG de la TAKAGI Corp, l’Amiral Shinji TAKAGI a exposé la nouvelle politique de la corporation. Voici le texte intégral de son intervention :
« Bonjour.

Depuis bientôt deux ans maintenant, la TAKAGI Corp œuvre à défendre la Fédération contre les menaces qui pèsent sur elles. Depuis tout ce temps, nous n’avons cessé de combattre sur tous les terrains ceux qui souhaitent voir nos libertés et nos idées disparaitre. Nous n’avons cessé de sensibiliser l’opinion publique sur ces menaces et d’appeler à la prise de conscience générale des citoyens de la Fédération.

Aujourd’hui nous avons fait le bilan de notre action. Malgré tout nos efforts, la Fédération semble se désintéresser de son sort. Son gouvernement continue de maintenir une politique attentiste et de remettre la sécurité de ses citoyens entre les mains de CONCORD et des réglementations laxistes de cette organisation. Et ce tandis que nos propres forces armées et de police continuent de souffrir d’un manque cruel de moyens et de marges de manœuvre.
Depuis sa création notre corporation a combattu jour après jour sur le territoire fédéral les criminels et les ennemis des valeurs gallentes qui y sévissent. Protégeant les citoyens là où CONCORD ferme les yeux en échange du versement de taxes. C’est donc le prix que ce gouvernement donne aux libertés qu’il est censé défendre…
Ce même gouvernement a été jusqu’à attaquer nos initiatives de défense en les qualifiant de bellicistes. Raison pour laquelle nous avions cessé toute activité dans les territoires fédéraux les plus peuplés, laissant le gouvernement à ses responsabilités face à la criminalité qui les mine. Nous avions préféré apporter notre assistance aux citoyens de la région fédérale de Solitude qui vivent des menaces quotidiennes encore plus importantes dans cette zone enclavée et éloignée.
Nous avions espéré déclencher ainsi un choc des consciences.
Aujourd’hui, nous constatons qu’il n’a pas eu lieu. Les citoyens de la Fédération continuent de se faire racketter, enlever et assassiner en toute impunité. Mêmes les forces fédérales de sécurité sont prises à partie régulièrement sans que personne ne réagisse.

Devant ce constat désolant, notre corporation annonce qu’elle se retire ce jour du commandement intégré du FIO et s’autorisera désormais à engager ou non toute autre puissance suivant ses propres prérogatives. Le principe d’égalité et la liberté de chaque individu à se déterminer lui-même ont toujours été et resteront chers à nos cœurs. Ces valeurs humanistes, héritées de nos ancêtres, nous continuerons de les défendre et de les partager avec tous ceux qui le souhaitent. Quelques soient leurs origines ethniques ou sociales. Ces valeurs continueront à guider nos actions. A défaut de ne pouvoir faire entendre raison à la Fédération, nous préserverons les idéaux gallentes qui ont présidé à sa fondation. »

Désormais, la TAKAGI Corp n’est plus une corporation de droit privé sous contrat avec le Federal Intelligence Office et ne rendra plus de comptes devant le Sénat fédéral. Tout lien juridique et hiérarchique entre la Fédération et la TAKAGI Corp est rompu.

La TAKAGI Corp se félicite de la fin du conflit contre Ekchuah Inc

avril 17th, 2008

La corporation nationaliste caldarie Ekchuah Inc a annoncé avoir terminé sa campagne initiée deux semaines plus tôt contre le réseau d’informations NeXus, opéré par la TAKAGI Corp. Cette campagne s’est réduite à quelques escarmouches, il va s’en dire que les capacités opérationnelles de la TAKAGI Corp n’ont pas été impactée par cette campagne.

Néanmoins, la TAKAGI Corp se félicite de la décision de retrait prise par le comité directeur d’Ekchuah Inc et note qu’il s’agit déjà du deuxième conflit contre cette corporation caldarie.

#8 Petite Mort

avril 3rd, 2008

Plus de deux heures de discussions, nerveuse, tendue, malgré un esprit cartésien et ouvert, Saelle ne s’y résoudrait pas facilement…
- Non Saelle tu ne risques rien en faisant une opération de Jump Clone ! Il y a bien eu le cas de l’assistante du Professeur Allemin mais…
Le Docteur West avait eu beau expliquer toutes les issues possibles et en fermer une à une les portes entrouvertes par des explications rationnelles, la jeune scientifique en restait dubitative. Lorsque le Docteur West avait procédé à son opération, il s’était empressé de lui dire annoncer qu’elle allait pouvoir enfin profiter de cette merveilleuse expérience qu’était le jump clone. Chose qui lui était totalement interdite du fait de la présence des enzymes B9-T au niveau de son cortex pariétal jusqu’à présent.
Mais voilà, la perspective de voir son esprit désolidarisé de son corps rendait Saelle nerveuse, voire malade…
Le docteur West avait consenti à l’accompagner dans sa première tentative malgré son emploi du temps chargé.
Elle était désormais nue comme un vers, allongée dans la capsule qui se remplissait lentement d’un liquide glacé dont Saelle avait volontairement oublié le nom scientifique… Un frisson lui parcourut l’échine lorsque la froideur atteignit sa nuque, elle était à deux doigts de tout annuler quand elle vit le regard apaisant du Doc à travers la capsule. Elle entendit sa voix comme lointaine et déformée et vit surtout son sourire qu’elle lui rendit avant de sombrer.
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Saelle haletait, frappant des mains la paroi de la capsule humide. Elle frappa encore et encore. Elle commençait à paniquer et tapa de plus en plus fort. Elle haletait… Le plexiglas de la capsule se teinta de rouge et la paroi finit par se fêler légèrement. Percevant la faille, sa respiration s’accéléra encore, l’adrénaline monta, elle frappa plus fort encore jusqu’à ce que le plexiglas ne cède définitivement.
L’alarme résonnait dans toute la pièce : CLONE JUMPING HUB 141 – EMERGENCY
Une équipe médicale de trois personnes arriva en trombe dans la salle. Ils l’aidèrent à s’extraire de la capsule…
Tandis que l’un d’entre eux relevait Saelle et la maintenait dans le dos, un autre tentait d’attraper ses pieds. Le troisième approchait rapidement avec une seringue à la main. La vision de l’objet fit frémir Saelle qui se remémora la sombre histoire de l’assistante du professeur Allemin…
- Nooonnnn ! Je suis là ! C’est moi !
Les trois individus semblaient bien déterminés à aller au bout de leur procédure d’annulation de Jump Cloning. Saelle ne perdit pas de temps en bavardage, son nouveau corps obéissait au doigt et à l’œil et elle allait en profiter. Instinctivement, sous l’effet de l’adrénaline, les muscles de son corps se durcirent et se synchronisèrent. Elle projeta ses deux pieds en avant, repoussant l’infirmier qui tentait de les attraper. Poursuivant dans un mouvement circulaire et s’appuyant sur l’obstacle rencontré, elle poussa un cri d’effort mêlé à la douleur : elle venait de se déboîter une épaule volontairement pour forcer le déséquilibre de celui qui la maintenait dans son dos. Son bras lui faisait horriblement mal mais elle ne s’entendait pas crier tandis que ses pieds se trouvaient à la verticale vers le plafond. L’infirmier dans son dos ne la maintenait plus que par un seul bras. Plus pour longtemps… Ahuri par l’affaissement de l’épaule gauche de la jeune femme, il lui fallu trois secondes de trop pour lever les yeux au plafond et voir fondre sur son visage les deux pieds de Saelle qui avaient terminé leur arc de cercle. Le choc fut d’autant plus violent que Saelle maintenait le bras de l’homme en appui vers elle. Elle lui fracassa clairement la mâchoire et il fut projeté quelques mètres plus loin tel un pantin désarticulé. Saelle retomba au sol lourdement en lâchant un nouveau râle de douleur. A genoux, au sol, elle se remit vite en appui sur un de ses pieds, tenant d’une main son épaule endolorie. Elle fixa le dernier homme encore debout avant de cracher :
- Je m’appelle Saelle Bellaguarda ! Mon Jump a réussit ! Rangez votre satanée seringue…
L’homme hésita en observant ses camarades gémir au sol… L’alarme de la salle s’arrêta subitement et la lumière revint à la normale.

***

En s’ébouriffant les cheveux des deux mains, Saelle éprouva une légère douleur à l’épaule… Tout s’était finalement bien terminé dans le centre de clonage mais eu égard aux dégâts et blessures occasionnés, elle fut priée de ne pas renouveler son contrat de Jump cloning chez eux. Chose qu’elle leur accorda sans difficulté.
Deux heures plus tard elle allait vers son objectif comme si rien ne s’était passé…

Elle s’examina dans la vitrine d’une boutique… Déjà qu’elle avait du mal dans cette tenue étriquée mais alors la coiffeuse ce fut le comble : une heure de banalités mondaines imposées pour un résultat des plus discutable. Elle s’ébouriffa à nouveau les cheveux tentant de leur redonner un aspect plus naturel.
Elle trébucha sur une bordure glissante et, tentant de récupérer son équilibre, chuta maladroitement au sol comme un enfant qui portait des chaussures trop petites. A quatre pattes, dans une coursive commerçante, elle senti la honte monter à ses joues, tandis que la pluie ruisselaient le longs de ses cheveux défaits. La pluie… Elle vit ses mains abîmées, posées à plat au sol. Elle ferma les yeux un instant puis releva la tête vers la source humide. Un drone de nettoyage arrosait copieusement le passage sans s’inquiéter de la présence de la jeune femme. Une main apparut dans son champ de vision, une main tendue, une aide… Elle n’attendit pas et s’agrippa à la bouée de sauvetage.
- Merci… Foutues godasses !
- Vous vous êtes blessée au genoux, vous saignez et…
L’homme l’aida à se relever et se baissant, avait approché une main du genou blessé. Il fut stupéfait par la rapidité avec laquelle la gifle de Saelle atteignit sa joue en claquant
- … Oh excusez moi, je ne voulais pas…
- Je vais me débrouiller merci.
- Bien… Bonne chance mademoiselle.
L’homme ne demanda pas son reste et laissa Saelle avant de s’enfuir comme s’il avait vu le diable en personne. Elle resta un moment immobile, le regard perdu dans le vague. Qu’est ce qui m’arrive ?
Elle baissa les yeux sur ses foutues chaussures à talons et tenta tant bien que mal de réordonner sa tenue.

Après Credron et Roden Shipyards, il lui restait à prendre contact avec Duvolle Laboratories. Elle ne se faisait pas trop d’illusion, selon les Comm qu’elle avait consulté, ils étaient les moins enclins à offrir leurs services pour des recherches passagères. Il y a une semaine elle avait fait le déplacement ici en Empire pour des entrevues avec des chercheurs des deux premières entreprises gallentes. En vain, personne ne voulait travailler avec elle, au mieux on l’avait raccompagné en la dévisageant telle une étudiante présomptueuse au pire ce furent des moqueries ouverte sur l’état de ses connaissances et sa tenue négligée.
Pour Duvolle Laboratories, elle avait donc décidé de mettre le paquet, chemisier, jupe droite, chaussures à talon et… coiffeuse pénible…
Vu sa démarche approximative, sa coiffure détrempée, son genou blessé, ses vêtements trempés, elle ne se sentait plus très sûre d’elle pour cet entretien…
Arrivée devant l’enseigne holographique, elle respira un grand coup et pénétra dans le hall de l’immeuble. L’intérieur était immense et ressemblait à un gigantesque hall commercial vivant et vibrant de lumières apaisantes. L’ensemble était habillé de mobilier et décoration organiques d’une blancheur uniforme. Quelques personnes en blouse blanche arborant le sigle DL vaquaient à leurs occupations… Elle approcha d’une sorte de comptoir ovale high tec, l’hôtesse d’accueil aux formes remodelées la jaugea d’un regard interrogatif.
- Hum… Bonjour, Mademoiselle Bellaguarda, j’ai rendez vous pour…
- Duvolle Laboratories vous présente toutes ses excuses Mademoiselle Bella…
- Bellaguarda, Saelle si vous préférez.
- … Tous les rendez vous de la journée ont été annulés. Vous avez du être prévenu par Néocom mademoiselle Bella…
- Bellaguarda, vous pouvez m’appeler Saelle ce sera plus simple
Saelle affichait un sourire franc comme pour rassurer son interlocutrice de la difficulté à retenir ce foutu nom de famille qui ne voulait plus rien dire aujourd’hui. Elle détailla un instant le visage de l’hôtesse en admira les courbes et la perfection avant de se souvenir qu’elle portait encore un bandeau autour de la tête.
- Mademoiselle ?
- Euh oui ?
- Il n’y a pas de rendez vous aujourd’hui.
- Ah je…
Saelle commença à rougir tout en sortant son Néocom. Elle parcoura rapidement les Comms reçues et ne vit aucune trace de message d’annulation de rendez vous.
- Je… Je n’ai pas reçu de…
- Nous sommes profondément navrés Mademoiselle Bella…
- Saelle…
- Je vais vous demander de quitter les lieux mademoiselle Saelle, personne ne pourra vous recevoir aujourd’hui. Peut être pourriez vous revenir ultérieurement ?
- Ah je…
Saelle sentit la colère monter en elle, une sensation qu’elle ne se souvenait pas avoir ressenti depuis longtemps… si longtemps.
- Bon, ça suffit ! J’ai traversé une épreuve assez douloureuse pour honorer ce rendez vous… Des choses que vous n’imaginez même pas alors soit vous contactez qui vous voulez pour annoncer que Mademoiselle Bellaguarda est là pour son rendez vous soit je…
- … Je vais m’occuper de Mademoiselle Bellaguarda, Suzy, néanmoins j’apprécierai grandement que vous nous fassiez apporter deux tasses de notre dernier Quafe dans mon bureau.
- Entendu Docteur
- Merci Suzy
Cette voix ! Saelle resta tétanisée quelques secondes avant de devenir livide… L’homme qu’elle avait giflé dans la rue…
- Voulez vous me suivre jusqu’à mon bureau Mademoiselle Bellaguarda ?
Saelle acquiesça de la tête sans prononcer une seule syllabe. Elle suivit l’homme dans l’ascenseur qui les mena au deuxième étage. Le silence, pesant, fut brisé par l’homme.
- Nous nous sommes déjà rencontrés Mademoiselle Bellaguarda… Mais je suppose que votre mémoire… vous fait défaut… n’est ce pas ?
- Je… Pardon ?
- Cela fait deux fois…
- Pardon ?
- Cela fait deux fois que nous nous rencontrons aujourd’hui, ça en devient étrangement familier vous savez…
L’homme lâcha un petit rire en jetant un regard complice à Saelle qui ne savait plus où se mettre.
- Je suis navrée… Docteur… ?
- … Murata. Docteur Murata. Asseyez vous je vous en prie.
Ils venaient de pénétrer dans le bureau du Docteur.
- Eu égard à nos… relations si charnelles…, je vous donne quinze minutes pour me convaincre. Au-delà de ce délai je serai dans l’obligation de vous demander de partir.
Saelle se redressa et fit dos à son interlocuteur. Elle voulait fuir, courir à en perdre haleine pour ne plus revoir cet homme mais elle ne pourrait plus se regarder dans une glace. Les encouragements, les regards bienveillants des officiers de la TAKAGI. Cela faisait plus d’un mois qu’elle flânait, étudiait et finalement s’avérait incapable de produire quoi que ce soit sans aide… Ils acceptaient qu’elle soit un poids mort, sans rien dire, elle ne pouvait pas rentrer sans ce petit résultat.
Elle fit face au docteur Murata, suspendit son regard déterminé au sien et inspira profondément. Cela dura bien plus que quinze minutes pendant lesquelles elle exposa son argumentaire et fit usage de toute son éloquence pour persuader du bien fondé de sa demande. Elle voulait l’appui du Docteur Murata et de son équipe pour des recherches fondamentales. Murata lui posa d’abord quelques questions plus précises sur les recherches en elle-même. Saelle y décela un test de connaissance habilement mené qu’elle éluda rapidement en expliquant les futures applications qu’elles comptait mettre en œuvre. Le docteur jugea cela ambitieux mais il était convaincu du bien fondé de la demande de la jeune scientifique.
Enfin, Saelle le rassura en lui précisant qu’elle n’avait pas d’impératif de temps.
Ils finirent l’entretien de manière plus détendue autour d’un Quafe pour lequel Saelle n’eut que des éloges. Elle s’empressa de noter les coordonnées du fournisseur puis s’excusant encore auprès de son hôte pour le malheureux incident dans la rue, elle quitta les locaux de Duvolle Laboratories un sourire radieux sur le visage.

Le docteur Murata observait la sortie de la jeune femme et la suivait par le biais d’une caméra de sécurité dans la rue. Il eut une pensée lubrique, un sourire de satisfaction…
Son néocom se mit à vibrer et lui fit perdre le fil de ses pensées. Il coupa l’écran des caméras et ouvrit la comm
- Oui ?
- Docteur Murata, une communication privée d’un certain Monsieur Glaims
- Oui vous pouvez passer…
- Bonjour Docteur Murata, alors ce petit entretien d’embauche ?
Murata éclata de rire
- Formidable !
- Bien et concernant les données biologiques ?
- Ah pour cet aspect de l’opération c’est un échec. Enfin…
- Bon sang Murata vous m’aviez annoncé que…
- Elle est plus coriace que nous le pensions. Elle a neutralisé mon équipe de récupération en moins d’une minute… Mais ce n’est plus très important désormais… Elle ne porte plus l’implant.
- Pardon ? As t elle parlé du loup ?

- Non et je ne pense pas qu’elle se souvienne de quoi que ce soit, elle est en Petite Mort…